Sept circuits, soixante-trois manches

Sept circuits français ont accueilli une manche du championnat du monde de Formule 1 depuis sa création en 1950 : Reims-Gueux, Rouen-les-Essarts, Charade, Bugatti, Paul Ricard, Dijon-Prenois et Magny-Cours.

Le total s'élève à soixante-trois manches, dont soixante-deux Grands Prix de France et un Grand Prix de Suisse. Cette dernière exception mérite une explication : la Suisse interdisant les courses sur circuit sur son territoire, son Grand Prix s'est couru à Dijon-Prenois le 29 août 1982, remporté par Keke Rosberg.

Le contrôle de cohérence est simple. De 1950 à 2008, cinquante-neuf saisons, moins l'édition 1955 annulée, donnent cinquante-huit Grands Prix de France. S'y ajoutent 2018, 2019, 2021 et 2022, soit soixante-deux au total.

L'annulation de 1955 tient à la catastrophe des 24 Heures du Mans du 11 juin de cette année-là. L'épreuve était prévue à Reims le 3 juillet.

Les sept circuits français du championnat du monde de Formule 1, 1950-2022
CircuitCommune, départementAnnéesManchesStatut en 2026
Reims-GueuxGueux, Marne (51)1950, 1951, 1953, 1954, 1956, 1958-1961, 1963, 196611Fermé depuis 1970
Rouen-les-EssartsGrand-Couronne, Seine-Maritime (76)1952, 1957, 1962, 1964, 19685Fermé et démantelé
CharadeSaint-Genès-Champanelle, Puy-de-Dôme (63)1965, 1969, 1970, 19724En activité, tracé raccourci
BugattiLe Mans, Sarthe (72)19671En activité
Paul RicardLe Castellet, Var (83)1971-1990 (par intermittence), 2018, 2019, 2021, 202218En activité
Dijon-PrenoisPrenois, Côte-d'Or (21)1974, 1977, 1979, 1981, 1984 + GP de Suisse 19826En activité
Magny-CoursMagny-Cours, Nièvre (58)1991 à 200818En activité

Reims-Gueux, le circuit ouvert au public

Reims-Gueux détient le record de longévité sur la première période : onze manches entre 1950 et 1966. C'est là que s'est disputée, le 2 juillet 1950, la première manche française du championnat du monde.

Juan Manuel Fangio y a signé la pole, la victoire et le meilleur tour, sur une distance de 500,224 km. Aucune épreuve moderne n'approche cette longueur.

Le tracé était un triangle semi-permanent tracé sur des routes publiques entre Thillois et Gueux, utilisé dès 1925. Les organisateurs avaient coupé des arbres et fait démolir des maisons pour dégager des échappatoires — une conception de la sécurité qui se passe de commentaire.

Le circuit est fermé depuis 1970. Les tribunes et les stands subsistent, entretenus par une association de bénévoles, et l'ancien tracé reste ouvert à la circulation ordinaire.

Rouen-les-Essarts, effacé après 1968

Rouen-les-Essarts a accueilli cinq Grands Prix entre 1952 et 1968. Il n'en a plus jamais accueilli après cette dernière date.

La raison est la mort de Jo Schlesser lors de l'édition 1968. Le circuit a continué d'accueillir des compétitions jusqu'en 1993, avant que ses installations soient détruites et que le tracé soit intégralement rendu à la circulation routière.

C'est, avec Reims, le second tracé français du championnat du monde à avoir purement et simplement disparu.

Le Paul Ricard et Magny-Cours, ex æquo à dix-huit

Deux circuits partagent le record français : le Paul Ricard et Magny-Cours, avec dix-huit manches chacun. Le chiffre de quatorze, encore répandu pour le Paul Ricard, date d'avant son retour au calendrier en 2018.

Le Paul Ricard a été racheté en 1999 par Bernie Ecclestone, puis converti en piste d'essais aux normes de sécurité les plus strictes, avec ses bandes abrasives rouges et bleues devenues sa signature visuelle. Son tracé avait été ramené de 5,810 km à 3,813 km après la mort d'Elio De Angelis lors d'essais privés en 1986.

Le circuit reste très actif. Il a accueilli la Sunday Ride Classic du 15 au 17 mai 2026, et le Bol d'Or est programmé du 17 au 20 septembre 2026, suivi du championnat de France FFSA des circuits les 10 et 11 octobre, selon le programme publié par le circuit Paul Ricard.

Magny-Cours a tenu le Grand Prix de France sans interruption de 1991 à 2008. Le circuit accueille toujours des championnats internationaux : la manche française du championnat du monde Superbike s'y est disputée du 4 au 6 septembre 2026.

Charade et Dijon-Prenois, deux survivants

Charade a accueilli quatre Grands Prix entre 1965 et 1972, sur un tracé de montagne réputé pour son exigence. Il est aujourd'hui raccourci à 3,975 km et dix-huit virages, et vit de roulages, de stages de pilotage et d'événements historiques — le Charade Super Show s'y est tenu les 20 et 21 juin 2026.

Dijon-Prenois totalise six manches, dont le Grand Prix de Suisse 1982. Le circuit reste en activité mais n'a pas l'agrément nécessaire pour la Formule 1, son tracé étant jugé trop court par la FIA.

Il accueille des rendez-vous d'envergure : la soixante-et-unième édition du Grand Prix de l'Âge d'Or s'y est déroulée du 5 au 7 juin 2026, aux côtés de la Porsche Carrera Cup France et de l'Alpine Elf Cup.

Le Mans Bugatti fait figure de cas à part, avec une seule manche en 1967. La course avait été programmée trois semaines après les 24 Heures, et n'avait réuni qu'une quinzaine de voitures au départ. Le circuit, exploité par l'Automobile Club de l'Ouest, reste l'un des plus actifs de France avec le Grand Prix moto de France et les 24 Heures Motos.

Le dernier Grand Prix de France, et l'après

Le dernier Grand Prix de France de Formule 1 s'est disputé le dimanche 24 juillet 2022 au circuit Paul Ricard. Max Verstappen l'a remporté sur Red Bull, en 1 h 30 min 02,112 s, devant Lewis Hamilton et George Russell.

Charles Leclerc avait signé la pole en 1'30''872 avant de partir à la faute au Beausset alors qu'il menait la course. Carlos Sainz a signé le meilleur tour.

Le calendrier 2026 de la Formule 1, publié par formula1.com, comporte vingt-trois manches. Aucune ne se dispute en France. Monaco, souvent citée par erreur, est une principauté souveraine.

Sur un éventuel retour, la seule formulation exacte est la suivante : aucun communiqué de la FIA ou du promoteur du championnat n'annonce le retour du Grand Prix de France au 7 septembre 2026. Le dirigeant du championnat répète publiquement que la porte reste ouverte à condition qu'un promoteur finance la place, et déplore l'absence de porteur de projet. Un projet de circuit urbain à Nice a été évoqué dans la presse dès 2022, sans jamais être formalisé.

Les erreurs qui circulent

Quatre approximations reviennent systématiquement, y compris dans des sources encyclopédiques.

Le nombre de circuits d'abord : on lit six, parfois huit. La réponse est sept. Le décompte du Paul Ricard ensuite, souvent figé à quatorze manches, alors qu'il en compte dix-huit depuis 2022. La localisation de Charade, régulièrement située « à Clermont-Ferrand », alors que le circuit se trouve sur la commune de Saint-Genès-Champanelle.

La dernière est la plus tenace : le dernier Grand Prix de France daterait de 2021. Il date de 2022. L'édition 2021 a bien eu lieu, mais elle n'est pas la dernière.

Une confusion mérite enfin d'être levée : le Grand Prix de l'Automobile Club de France de 1906 est le premier Grand Prix de l'histoire de l'automobile, pas la première manche d'un championnat du monde, lequel n'existe que depuis 1950.

Questions fréquentes

Combien de circuits français ont accueilli la Formule 1 ?

Sept : Reims-Gueux, Rouen-les-Essarts, Charade, Bugatti au Mans, Paul Ricard, Dijon-Prenois et Magny-Cours. Ils totalisent soixante-trois manches du championnat du monde, dont soixante-deux Grands Prix de France et le Grand Prix de Suisse 1982, couru à Dijon-Prenois.

Quel est le dernier Grand Prix de France de Formule 1 ?

Le 24 juillet 2022, au circuit Paul Ricard. Max Verstappen l'a remporté sur Red Bull en 1 h 30 min 02,112 s, devant Lewis Hamilton et George Russell. Charles Leclerc, parti en pole, était sorti de la piste au Beausset alors qu'il menait.

Quel circuit français a accueilli le plus de Grands Prix ?

Le Paul Ricard et Magny-Cours, à égalité avec dix-huit manches chacun. Le Paul Ricard a couru de 1971 à 1990 par intermittence, puis en 2018, 2019, 2021 et 2022. Magny-Cours a tenu le Grand Prix de France sans interruption de 1991 à 2008.

Y a-t-il un Grand Prix de France en 2026 ?

Non. Le calendrier 2026 publié par formula1.com comporte vingt-trois manches, dont aucune en France. Monaco, parfois citée, est une principauté souveraine et non une manche française.

Le Grand Prix de France va-t-il revenir ?

Aucun communiqué de la FIA ou du promoteur du championnat n'annonce son retour au 7 septembre 2026. La direction du championnat déclare publiquement rester ouverte à un retour, sous réserve qu'un promoteur en finance la place. Un projet de circuit urbain à Nice a été évoqué dans la presse sans jamais être formalisé.

Que sont devenus Reims-Gueux et Rouen-les-Essarts ?

Reims-Gueux est fermé depuis 1970 : les stands et tribunes subsistent, entretenus par une association, et le tracé est redevenu une route ordinaire. Rouen-les-Essarts a accueilli des compétitions jusqu'en 1993, avant que ses installations soient détruites et le tracé rendu à la circulation. La Formule 1 n'y était plus revenue après la mort de Jo Schlesser en 1968.